Cardamome

On aimerait tant pouvoir vous en dire plus, mais malheureusement, nous n’avons pas pu faire la virée dans les Cardamomes à moto. Du moins, nous avons quand même effleuré des yeux cette chaîne de montagne, qui s’étend jusqu’en Thaïlande et culmine à 1813m (point culminant des Cardamomes et du Cambodge), dans la province de Kampong, près de Khokong. Pour ce qu’il y a à y voir lors de cette promenade, c’est encore un mystère pour nous : jungle, cailloux, mauvaise route et probablement, varans, oiseaux et autres animaux… bref, nous les avons aperçues de loin ces Cardamomes et l’idée nous trotte déjà dans la tête de revenir faire un tour par ici un jour…

Vous voyez cette chaîne de montagne dans la brume, …

Et en parlant de Cardamome, une recette excellente a été mise en ligne. Vous pouvez la retrouver en cliquant LÀ.

Les Cardamomes

Les Cardamomes

 

On l’appellera la loop…

Après avoir chillé, comme on dit, c’est à dire profité, se détendre, on avait besoin d’un peu plus d’aventure au Cambodge, que nous n’avions d’ailleurs pas encore trouvée jusqu’ici. C’est donc ainsi que nous avons décidé de nous rendre à moto vers le parc national de Botum Sakor, à la découverte de petits villages cachés. On embarque au passage nos compagnons de jungle, Julie et Victor, et nous voilà partis sur des routes presque inconnues. Effectivement, cette boucle à moto n’est pas vraiment décrite dans les blogs ou autres. Avec quelques recherches, nous avons quand même trouvé quelques infos qui annonçaient un truc pas mal. Nous allons donc écrire un peu différemment, afin de passer le témoin à ceux qui sont à la recherche d’un petit bijou. Ceux qui ne comptent pas s’y rendre peuvent tout à fait passer cette lecture et reprendre plus bas.

Carte loop Asialavista

Carte loop Asialavista

Le départ se fait de Khokong, cap vers le sud en direction de Kep, Phnom Penh. Jusqu’ici, la route est tout à fait correcte. Après 1h30, 2 heures de route, vous pouvez faire une pause dej dans l’un des petits restos du village de Adoung Tuek. Nous sommes allés chez une mamie adorable qui avait deux chiens, juste en face d’un mini marché local, après le pont en venant de Khokong.

Photo des chiens 😉

Après une excellente soupe de noodles, nous voilà repartis. Il nous faut refaire quelques kilomètres en arrière (mais il n’y a pas grand chose pour manger sur la route avant ce pont, et encore moins après).

Là, une grande intersection vous présente une route de terre. Sur la gauche de là où nous venions. Sur la droite en venant de Khokong. De là, vous roulez un petit 10 minutes et au double pont, vous tournez à gauche. Le chemin se corse légèrement, mais c’est tout à fait praticable. Et là, vous pouvez profiter de la balade, jusqu’à ce que vous tombiez sur une banque, oui, une banque au bout d’un chemin en terre. Là, prenez à gauche et vous pénétrez dans le petit village de Thma Sor ou Thma Sa.

Vous pouvez reprendre la lecture

Une fois arrivés dans ce petit village de pêcheurs, il n’y a plus qu’à profiter. Un seul petit resto local, mais quelques mamies qui font des gaufres devant leur mini shop. Aussi, il n’existe qu’une seule guest house assez sommaire, mais la pièce principale, à l’arrière, a un charme de fou quand le soleil envoie ses plus belles couleurs.
Une ballade dans le marché puis, sur cette ville flottante. En effet, une grosse partie du village est construite sur pilotis sur une centaine de mètres. Les gens vaquent à leur occupation, faisant quelques signes de bienvenue discrets et surtout, hyper souriants. Les crevettes sèchent sur des toiles devant les maisons, les pêcheurs manœuvrent leurs embarcations. Bref, la sérénité, la beauté, la gentillesse et l’authenticité. Tout y est.

Le lendemain, une dernière balade dans le village et on repart, direction l’est. Il n’est pas évident d’expliquer comment y aller. Le mieux reste de demander aux gens du village et tout le long de la route.

Vous pouvez relâcher la lecture et reprendre ensuite

Il suffit de ressortir du village et d’aller à gauche à la banque. La route se transforme un peu en chemin, puis en sentier, puis en route pour 4×4, impossible à grimper avec nos motos. On rebrousse donc chemin (après avoir tenté le coup quand même ; on recherche de l’aventure ou pas). Puis, on reprend le sentier qui nous semblait être la mauvaise route. Ce fut le cas. Mais la vue sur la mer était magnifique. Et, c’est là que l’on rencontre toujours celui qui va dénouer tout ça. Un papy sur sa mob (oui, au Cambodge, nous avons rencontré beaucoup de papy et mamie et ils étaient adorables) nous remet sur la bonne piste qui nous fait traverser de jolis sites. Pas fous, mais jolis. Puis, on récupère la route principale que l’on suit jusqu’au bout. Un moment, on retrouve de la route goudronnée. Si vous arrivez à une sorte de barrage et de 2×2 voies, vous êtes trop loin. Il faut rester sur la grande route, puis prendre à droite pour arriver au port. Du moins, ce qui ressemble à un petit port de village. Vous pouvez y laisser votre moto sans problème moyennant quelques dollars par jour. C’est un local rencontré sur la route qui nous a guidé jusqu’à son bateau.

Reprise de la lecture

Nous laissons donc les motos à un jeune qui tient le petit shop et nous montons dans la barque avec notre Cambodgien, rencontré sur la route et direction l’île de Koh Sdach.

Arrivés là, une jeune femme, qui semble travailler au port, nous propose un endroit où dormir qui semble un peu cher. On se dit : nous trouverons mieux… que dire… ce fut l’échec car il n’y a pas le choix à Koh Sdach. On trouve une sorte de resort bungalows en béton bleu et le proprio au téléphone ne semble pas vouloir discuter le prix, alors qu’il n’y a pas âme qui vive. On vous passe les détails : nous sommes retournés voir notre petite dame, qui nous a logés dans des bungalows à peine plus loin, mignons comme tout et sur pilotis avec ça. Résultat : on est restés deux nuits. A côté de là, le restaurant « Chez Yvonne », tenu par un français :-D, ancien chef de surcroît, propose une cuisine d’enfer, à des prix excellents. Didier transmet son savoir-faire à de jeunes Cambodgiens qui semblent adorer ce qu’ils font, et vous présentent les assiettes comme de petits bijoux. Il nous amène non loin de là (l’île fait 1,8 Km2), sur le plus beau spot de snorkeling du Cambodge, paraît-il. Nous, on dirait plutôt, le plus beau site de snorkeling d’Asie du sud est. Les coraux et les poissons ont des couleurs sublimes et ici, pas de coraux morts.

Pour la petite histoire, cette île « appartient » à un Cambodgien, marié à une Thaïlandaise.

La légende raconte qu’il y fait un peu sa loi et que l’île vit au rythme de la contrebande faite entre les deux pays. En tout cas, nous nous y sommes promenés, nous étions les seuls, nous avons été accueillis, aidés et servis avec grand plaisir par les gens qui vivent ici. Ce fut la surprise du Cambodge.

Malheureusement, cette surprise sera peut-être de courte durée. Comme tous les sites magnifiques, les administrations et gouvernements s’en saisissent. Un projet de développement est en cours afin de concurrencer la Thaïlande et son Phuket ou encore l’Indonésie et son Bali. Rien que ça… Du coup, sur la route pour se rendre à Koh Sdach, on constate que des forêts primaires entières ont été rasées pour y construire golf, grands hôtels et piscines. Tout ceci pourrait donner du travail aux gens du coin me direz-vous, mais c’est sans compter sur les petites mains moins chères, provenant des pays voisins. Bref, un projet de grande envergure, qui, on l’espère, aura au moins le mérite de se terminer, sinon cela aura été un beau gâchis.

Pour tous les backpackers, expats au Cambodge ou touristes qui ont du temps, rdv à Koh Sdach avant 2025 ! Et saluez Didier pour nous !!

C’est donc très humblement que nous avions envie d’appeler cette boucle : la loop Asialavista.

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Khokong, le cri du gecko

Kho-Kong comme dirait notre ami le gecko sur une high-pitched (un ton aiguë). Notre arrivée à Khokong s’est faite de nuit et c’est bien sûr en arrivant à la guest house qu’on s’est rendu compte qu’un passeport avait été oublié à Kep. Et là, depuis votre bureau, votre maison ou votre piscine, vous stressez.. et bien nous aussi. Mais non ! Pas de panique : on est en Asie. Ici tout est facile et surtout possible. Vous avez juste besoin de quelqu’un qui fait l’aller retour. Vous en parlez autour de vous : le tour est joué. Avant même d’avoir eu le temps de s’inquiéter, le mec qui organise votre trek dans la jungle passe des coups de fil. Le conducteur du 4×4 qui vous emmène, a un mariage à Kep. Il doit s’y rendre le lendemain et rentre dans 2 jours. Voilà comment on part visiter le Cambodge en tout sérénité, pendant que quelqu’un se charge de récupérer votre passeport contre quelques petits dollars.

Vidéo partagée, désolé, elle n’est pas de nous mais elle est très bien

Bref, Khokong a été notre spot pendant quelques jours et on a adoré se promener dans ses alentours et plus loin. Un trek en jungle nous permet de rencontrer des français (oui on est partout), de voir ce qu’ils appellent des chicken run ??? Un insecte très étrange, assez féerique, même si le mot féerique ne semble pas pouvoir rimer avec insecte. Un instant, on se croyait dans un film de Tim Burton.

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Un chicken run sur son arbre

Une fois arrivés au camping spot, des hamacs nous attendent pour passer la nuit, un feu et un repas digne d’un petit banquet, une sorte de bassin naturel avec une petite cascade, où l’on aurait pu tourner une pub pour un gel douche. Idéal après une bonne journée de marche dans la jungle. Et le problème de la jungle, contrairement à la montagne, c’est que vous pouvez en sortir sale de la tête aux pieds. On ne parle même pas de sangsues qui ont causé bon nombre d’hémorragies… soit disant c’est bon pour la santé, utilisées en médecine, etc, et bien on vous le dit : c’est aussi dégueu que cela peut paraître.

En dehors de ça, depuis Khokong, il est possible de faire de superbes balades à vélo dans la mangrove (très prisée des locaux pour les pique-niques ; ils adorent les pique-niques les Cambodgiens), de rencontrer des papys qui vous font du café glacé sur le bord de la route, de faire une sortie sur une île en bateau, mais ça, on ne l’a pas fait.

Mais pour nous et nos amis Julie et Victor, le meilleur est encore à venir…

 

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Sel, poivre et crabes

On avoue tout : nous avons voyagé au Cambodge en suivant les pistes touristiques. Cela s’est un peu imposé à nous, (faute de temps ??), (la saison ??), (des chaleurs de fou qui tenaient le pays au ralenti ??…). Mais malgré tout, nous avons pu poser le pied dans des endroits extras, être témoins de phénomènes naturels ou surnaturels (??), et faire encore une fois des rencontres inoubliables.

Kampot, c’est un peu la campagne au Cambodge. On prend le temps de faire une ballade à vélo dans les marais salants, on mange une gaufre coconut chez mamie, une petite baignade dans la rivière s’il fait trop chaud. Une ballade à moto permet de découvrir la station d’altitude de Bokor : c’est en fait une ancienne station climatique française qui a été abandonnée à 2 reprises, lors des conflits d’Indochine. Les colons français, ainsi que la haute de la société khmer, y venaient pour fuir l’air pollué de Phnom Penh et se détendre au Bokor Palace Hotel, à 1000 mètres d’altitude.

wpid-wp-1435708494246.gifPhotos Bokor Palace Hotel google images
www.rivercity.travellerspoint.com

www.break-fresh-ground.com

La légende raconte que le Bokor Palace Hotel (1925) servait également de casino ou abritait une salle de jeu. Apparemment, le seul casino dans le parc a été construit bien plus tard, dans les années 60.

Aujourd’hui, les environs de ce site et les vestiges de cet ancien hôtel font l’attraction de nombreux touristes. Et pourtant, par on-ne-sait-quelle folie, les autorités ont décidé de « kärcheriser » le bâtiment qui, abandonné, avait été adopté par la nature, faisant éventuellement l’originalité du site. Aujourd’hui, ce n’est que bloc de béton gris qui nous attend en haut. Pour peu que le temps soit maussade, prévoyez une corde. Trêve de cynisme : la ballade à moto est vraiment magnifique.

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Kep, c’est un peu « the place to go » pour acheter du poivre de Kampot. Alors comme ça, ça n’a pas l’air logique. Mais on vous explique tout : le poivre de Kampot vient de la région de Kampot, dans laquelle se trouve la ville de Kep et ses nombreuses fermes de poivre. Nous en avons visité plusieurs histoire de faire une étude de marché et nous avons terminé avec celle de Christophe. Ce n’est plus Christophe qui s’en occupe, mais un papy allemand de 75 ans qui a décidé de changer de vie il y a 2 ans à peine. Comme quoi, tout est possible …

A Kep, on mange du crabe sur la plage. On passe commande et des femmes appellent leurs collègues qui promènent des paniers dans la mer. Là, on peut choisir combien de kilos on désire et d’autres femmes les font cuir directement dans un bouillon. A chacun de faire ensuite son petit marché sur les étalages voisins pour agrémenter le tout. Ne reste plus qu’à choisir un endroit, ce qui n’est pas le plus facile car les côtes de Kep sont très prisées par les Cambodgiens. C’est un peu leur côte d’Azur.

L’île aux lapins est une autre possibilité lorsque l’on est à Kep. Pas grand chose à en dire si ce n’est que c’est un petit paradis pour se reposer, nager et manger. Beaucoup de gens ne font qu’y passer la journée mais c’est bien dommage : à la nuit tombée, et une fois les générateurs éteints (qui fournissent l’île en électricité de 18h à 22h), le spectacle des planctons fluorescents commence. On met la main dans l’eau et c’est comme si nous étions dotés de supers pouvoirs. Bref, un grand moment !

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Phnom Penh

Le Cambodge est le plus petit pays d’Asie du sud-est. Sa capitale est également une ville à taille humaine, ce qui permet de voir pas mal de choses facilement. Pour les touristes qui s’y arrêtent, une visite du grand marché, un travail de mémoire dans les prisons des khmers rouges et une ballade le long des quais suffiront avant de repartir pour d’autres aventures. Mais quand il s’agit de vivre dans cette ville, c’est autre chose. Une petite communauté d’expats anime Phnom Penh et le quotidien y semble facile. Monter sa propre boîte, travailler dans une école, pour une association ou ONG, faire du sport, plein de possibilités s’offrent à vous. La vie nocturne agite également la ville : entre bars branchés qui servent du rhum au poivre de Kampot, petits bars pour refaire le monde et grosses enceintes dans les rues avec des cambodgiens qui dansent sur le trottoir, faites votre choix.

Dans les marchés, ça fourmille. On peut y trouver de tout et n’importe quoi et même du vintage. Ça change des pantalons éléphants et T-shirts I ♥.

Phnom Penh c’est aussi son ancien quartier touristique, près du lac, aujourd’hui complètement asséché pour y faire des constructions. On sent un parfum de nostalgie très fort dans ce quartier qui semble abandonné, tout en tentant de se réanimer. Ses tags de rue, les cafés-artistes, et les quelques guest houses restantes continuent de faire battre le pouls de ce recoin paisible de la ville.

PP, c’est aussi et surtout beaucoup d’Histoire. On essaie de comprendre ce qu’il s’est passé autrefois dans ce pays, en secret, alors que le monde avait les yeux braqués ailleurs. On essaye de comprendre comment malgré tout, les Cambodgiens ont su rester si profondément gentils après avoir subi autant de haine, tout cela dans une folle volonté de créer un nouveau modèle de société. C’est en voyant le nombre d’ONG, qui officient dans le pays, que l’on comprend aussi qu’aujourd’hui, cette histoire a laissé des traces, mais malheureusement, toutes ces ONG n’agissent pas forcément pour le retour au bien-être des Cambodgiens. .

D’un autre côté, on comprend que le Cambodge vit à travers le tourisme et pour le tourisme. Effectivement, même si la gentillesse des Cambodgiens ne se discute pas, dans les lieux touristiques, on sent parfois une sorte de malaise : le jeu de la négociation dans l’humour n’est pas toujours au rdv. En plus, la monnaie étant le dollar, le coût de la vie a vite fait d’être plus important sur les petits prix. Les Cambodgiens semblent victimes de ce tourisme et en conséquence, dès qu’ils peuvent en tirer partie, ils le font. Par exemple, lorsque nous décidons de manger dans un resto, on accepte de payer un prix plus européen (plus cher quoi…). Mais quand on rentre dans un boui-boui pour manger local et partager un moment dans un lieu hors des guides, ils ont vite fait de vous le faire regretter et de vous demander 3 fois le prix. On parle toujours des villes touristiques, pas d’amalgame. Car quand il s’agit de lieux plus reculés, le Cambodge vous accueille à bras ouverts tout en continuant sa vie tranquille. Il est alors possible de rencontrer le Cambodge, celui qui subit de façon résignée, mais qui joue franc jeu avec vous.

Merci à nos copains qui nous ont fait partagé leur vie de Phnom penhnois. Merci Alfonsi et merci Anthony.

Ici, on vous livre une galerie à nouveau aux couleurs du street art, alors que nous étions en train de flâner dans le quartier des backpackers près du lac Boeng Kak.

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