Commençons par Angkor…

Angkor Vat

Angkor Vat

Pour être tout à fait honnêtes, nous avions quelques craintes à visiter d’autres pays après l’Inde. Non pas que l’Inde soit l’ultime pays à visiter. Non. C’est juste que ce pays est tellement fort de tout, impressionnant, touchant, troublant, déstabilisant, odorant, inspirant, bref, tellement d’autres qualificatifs en ant, qu’on peut craindre de rester indifférent à une curiosité comme Angkor vat. En fait, il semblerait que ce soit plus compliqué. Après plusieurs mois à voyager, effectivement, certains lieux perdent un peu de leur charisme. C’est surtout qu’à force de voir défiler tant de paysages, monuments, etc, on comprend bien que le voyage sur du long terme ce n’est pas ça. Ou plutôt, pas que ça. Il est en fait question d’autre chose, mais on y reviendra plus tard.

Quand nous avons posé nos sacs à Siem reap, ce fut quand même une claque. Siem reap est la ville qui touche le site de Angkor, cette curiosité mythique, mystique et religieuse, qui fut bâtie à l’heure où nous étions en train d’édifier Notre Dame de Paris. C’est là que l’on se rend compte de l’exotisme et de l’expression sans limite de la créativité et des standards de ces pays d’Asie. Alors que nous sommes dans le carré, les lignes droites, le parallélisme, Angkor s’exprime par son immensité, ses pierres empilées qui défient parfois la gravité, ses bouddhas qui sont taillés à même la façade. Ça peut presque sembler surréaliste finalement. Et à certains moments, on pourrait croire qu’un certain Gaudí s’en serait autrefois un peu inspiré, mais ça c’est très personnel comme avis.

Nous voilà donc à trainer notre carcasse (il fait une chaleur terrifiante, du genre « où est le prochain magasin climatisé pour y passer l’après-midi ») au milieu de ce site invraisemblable, avec les temples de Angkor vat, celui aux têtes de bouddhas, celui de Lara Croft bien sûr, et cette nature qui ne s’est pas privée pour prendre sa place au beau milieu de ce décor de cailloux.

Ce site touristique est le rdv incontournable du Cambodge. Quelques .. millions de touristes locaux et internationaux s’y pressent chaque année et on comprend pourquoi. Même si à l’heure du lever de soleil (4h30 hum hum) on se croirait déjà à Châtelet  avec les gens, mais sans le pas de course, on peut quand même dire que ça vaut le coup de se lever tôt pour voir ce spectacle, même si finalement, ce n’est pas LE site le plus fou pour ce show quotidien.

Angkor épate plutôt par sa grandeur, son gigantisme tout en modestie, la sagesse qu’il inspire et les jus de mangues délicieusement servis au cul du vélo tuktuk.

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Brèves indiennes

On nous avait prévenu : les indiens, tu les aimes autant que tu les détestes.

L’époussetage à l’indienne c’est génial : tu prends un bâton, un chiffon qui ressemble à l’écharpe de mamie que tu accroches au bout, et tu tapes l’objet en question. Ils adorent épousseter leurs étalages : fruits et légumes, bibelots, quincaillerie, … , tout y passe à longueur de journée.

Les femmes portent toutes ces bracelets en plastique de couleurs et avec des strass. Elles en portent toujours le même nombre et les mêmes couleurs à chaque poignet.

Les femmes mariées se font un trait rouge sur la raie des cheveux. Ce signe est appelé le « sindoor ». Il est surtout visible dans les régions rurales. Autrefois, la femme mariée symbolisait son union avec le sindoor et le bindi (le point entre les sourcils). Aujourd’hui, ce dernier symbole s’est démocratisé et il est utilisé plus largement.

Tous les Indiens font au moins 5 pauses chaï dans la journée. L’occasion de refaire le monde.

Les enfants (filles et garçons) portent du khôl autour des yeux. Non seulement pour décorer, mais aussi car il protège des infections paraît-il.

Sur la route, c’est le plus gros klaxon qui a la priorité.

Même si les carrioles ne donnent pas très envie à première vue, la bouffe de rue est un délice : cachoris, pani puri, pav bhaji, … autant de petites douceurs pimentées.

Si vous vous baignez à l’aube dans la mer, n’oubliez pas que les plages sont avant tout les toilettes publiques des villageois indiens.

Un conseil à Varanasi, si quelqu’un vient vous parler, vous avez 100% de chance que ce soit intéressé.

En Inde, tout se négocie, même les taux de change dans les bureaux officiels.

Le lassi (yaourt traditionnel à boire) se boit dans des pots en terre à usage unique. C’est un immanquable de l’Inde. Il est un peu plus « corsé » à Jaiselmer.

Dans ce pays où tout est possible, on apprend à faire de la moto en une demie heure. C’est même le loueur qui t’apprend.

En Inde, tu peux voir les pires choses dans la rue : rats crevés, poubelles, chiens pourris, et on reste soft et en même temps, sentir la meilleure odeur que tu n’auras jamais sentie dans ta vie.

Une envie de Mc Do, c’est sans compter sur le Bic Mac dans un pays où le bœuf, étant sacré, ne se voit pas dans les assiettes.

Si tu es en manque de viande fraîche, direction La Plancha à Pondychéri.

La première chose qui frappe et qui vous déboussole quand vous arrivez en Inde, c’est un brouhaha qui ne vous quittera que lorsque vous partirez du pays. Une des causes / conséquences : les Indiens écoutent la musique à un niveau sonore au-delà du raisonnable et klaxons à tout va.

Les Indiens aiment se mêler. C’est comme ça. Ils se mêlent de vos conversations, de votre programme, de votre vie, de tout.

Les Indiens ont une espèce de malice enfantine, voire une pseudo innocence avec laquelle ils aiment jouer pour vous rouler dans la farine, cela avec toujours beaucoup d’humour et sans s’en cacher.

Street art Varanasi

Ce n’est pas parce que la tradition s’impose dans une ville par la religion ou les coutumes que l’art, et d’autant plus le street art, n’a pas sa place. Des artistes de Varanasi ont même mixé tout ça pour nous livrer des peintures extraordinaires de leurs dieux. Voici donc quelques collages qui nous inspirent…

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Woof woof

Le woofing est, au départ, un organisme qui répertorie les fermes écologiques d’un pays, afin que des voyageurs puissent apprendre des techniques agricoles, tout en donnant un sérieux coup de main aux locaux sur place. En échange, les travellers obtiennent un logement et de la nourriture, et ils ont la possibilité de découvrir des lieux souvent isolés, à l’abri des circuits touristiques, de vivre la vie des locaux et de partager leur quotidien. Pour les fermiers, c’est une véritable aubaine si les woofers sont bien. Ils gagnent du temps, économisent de l’argent en période où la main d’œuvre leur est nécessaire. Bref, c’est un partage équitable qui apporte à chacun ce qu’il recherche. Nous avons expérimenté le woofing en Inde, au Rajasthan, à 6 heures de route de Jaipur (la ville des bijoux pour ceux qui suivent). Naturellement, rien ne pouvait se passer comme prévu, nous sommes en Inde après tout. Cette première expérience pour nous, était également une première pour eux et nous avons été accueillis comme des invités, plus que comme des woofers.

Voir la galerie woofing Rajasthan

 

Le village de Khandar se situe dans la réserve de Ranthambore. Kelash, qui ne parle pas un mot d’anglais, nous reçoit avec son adorable famille dans la ferme de madame Singh. En fait, personne ne parlait anglais dans ce village, ce qui nous met d’emblée dans l’ambiance. Dans l’école où nous sommes allés donner un coup de main, le prof d’anglais essaye d’enseigner à ses élèves les quelques mots qu’il connaît. Les classes, c’est quelque chose : les élèves sont assis à même le sol, les mères de certains font la cuisine et le chaï. Les élèves peuvent rentrer et sortir de classe comme ils veulent. Autant dire que leur curiosité a été bien éveillée à chacune de nos venues. Nous avons pu organiser des pictionary pour leur apprendre quelques mots en anglais et organiser une classe pour les plus grands, afin qu’ils nous posent des questions sur l’Europe et la France.
A la ferme, c’était une autre affaire. Cette ferme produit essentiellement des graines de moutarde, très utilisées dans la cuisine indienne pour le bonheur de nos papilles. Mais ce n’est pas là que nous avons « woofer ».  Nous avons creusé de la digue pour irriguer les plantations du domaine. Nous avons creusé plusieurs jours. Puis, le dernier soir, un orage des plus violents a dévasté le terrain. Cet orage a ravagé une grande partie des terres du Rajasthan et les récoltes de l’année avec. Le lendemain, le spectacle était désolant. Pour info, au jour où nous écrivons, le Rajasthan subit une sécheresse exceptionnelle (encore un phénomène extrême) ; quant à savoir comment les habitants vont pouvoir se nourrir, la question reste entière… et si le réchauffement climatique devenait réellement une priorité ?
De notre côté, nous n’avons pas sauvé le village du déluge mais, nous avons pu aider un papy qui s’était fait mordre par un serpent, avec les moyens du bord, (rien que ça …), puis visité une petite mamie qui s’était prise d’affection pour nous et qui surtout, en regardant nos mains chaque jour, l’air désolé, ne comprenait absolument pas pourquoi nous venions travailler ici. Merci Moni !

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