Vis ma vie en yourte

Après avoir traversé une partie du pays à pied, roulé sur la Pamir en camion, et mangé plein de yaourt de yak, nous sommes repartis dans les contrées pas très lointaines de Murghab, à la rencontre d’une famille de Kirghizes, vivant au Tadjikistan. Khudi nous a accueillis sur leur campement d’été dans la vallée de Pchart, à 4200 m avec sa femme, Kildiran, et leurs enfants : Nurlanbek (15 ans), Milanbek (11 ans), Adelat (7 ans) et Bibi Rakhima (1 an).

Ces 3 jours en yourte ont été fascinants, avec au menu, ballades dans le jardin de la yourte, traite des yaks, rapatriement des chevaux et yaks, récolte de fleurs en masse et dégustation de lait de yak sous toutes ses formes.

Nous avons eu l’occasion de participer (comme nous avons pu) à l’élaboration du kiz ou feutre, utilisé pour calfeutrer les yourtes. Le principe est simple : toute la famille s’y colle. D’abord, on étale la laine de mouton, préalablement coupée aux ciseaux, sur plusieurs bâches cousues ensemble. Ensuite, on fait bouillir une énorme marmite d’eau avec le maximum de lessive. L’eau lessivée est versée sur la laine, puis on roule au fur et à mesure la bâche sur elle-même. Ainsi, on obtient un rouleau de laine imbibé de lessive. L’âne intervient ensuite, afin de traîner ce rouleau. Cela tasse la laine sur elle-même. On déroule, puis vient la cérémonie d’essorage. De la force dans les bras, le rythme dans le mouvement et un vrai esprit d’équipe, … 20 minutes plus tard, le kiz est essoré. Il est re-roulé sur lui-même, puis on y déverse à nouveau de grandes quantités d’eau froide pour resserrer le feutre. Le lendemain, on déplie et on attend au soleil que ça sèche. Le kiz est prêt. L’hiver n’a qu’à bien se tenir !