Bénarès – Varanasie

Tout ce que l’on peut dire de Varanasie, anciennement appelée Bénarès, c’est que ce fut pour nous le clou du spectacle. Certains voyageurs que nous avions rencontrés avant d’aller en Inde nous avaient dit qu’il fallait absolument y aller. D’autres nous ont assuré qu’ils avaient détesté l’Inde et en grande partie à cause de Varanasie. Pour nous, Varanasie a été un mélange de tout ce que nous avions vu en Inde, condensé, grossi, multiplié, décuplé, aggravé, amélioré, bref, l’Inde puissance 10 000. C’est la cerise sur le gâteau, la crème fouettée, le nutella sur le pancake, le paneer au palak…

La vue de l'Inde

L’image de l’Inde

C’est ici que l’on ressent le plus cette intensité indienne. Quand on pénètre dans les petites rues qui surplombent le Gange, on se retrouve dans une sorte de labyrinthe où se croisent indiens, touristes, vaches. Les habitants de Varanasie sont généralement plus vieux qu’ailleurs, car un indien qui meurt à Varanasie accède à une meilleure vie car il s’éteint sur un lieu saint. Ici, les rues sont plus sales, il y a encore plus de monde, la promiscuité est plus forte encore. Vous avez vite fait de finir invité dans une maison, pour une cérémonie spéciale par exemple, juste en vous promenant. Ils sont insistants ces indiens, mais si gentils à la fois. Du moins, pour nous, occidentaux, cette faon d’aborder paraît intrusive. Nous sommes plutôt du genre à vivre notre vie dans notre coin. Eux n’ont pas de coin. Vivre seul est inconcevable. Ils vivent les uns sur les autres et ce n’est pas toujours faute de place ou de moyens. Il leur semble juste anormal voire profondément triste de vivre isolé, renfermé sur son cercle proche. Qui a raison ? L’histoire ne le dit pas, mais notre expérience assure que nous nous interdisons des moments magiques dans nos vies trop occupées pour prendre le temps.

Et puis, ce fut le flash : nous avons parfois des images en tête sur des pays, des choses que l’on a pu voir dans des livres, des films, des reportages. A Varanasie, nous avons vu l’Inde telle que nous l’avions en tête : le Gange, des gens habillés dans l’eau en train de faire leur lessive, d’autres en train de se doucher, des draps étendus sur des marches d’escaliers le long du même Gange, des bateaux, du plastique, des vaches, tout cela dans l’eau également, et puis de la spiritualité, des feux, du monde, des crémations tous les jours, jour et nuit, sur les rives du Gange et des corps transportés au rythme de chants à travers la ville, des cendres déversées dans cette eau qui est considérée comme sacrée, alors que pour nous, ça ne semble qu’un fleuve « dégueulasse » avec des gens qui se lavent dans de l’eau qui transpire la mort et dans laquelle même les buffles lavent leur linge sale.

Le portrait peut semble mitigé, mais encore une fois, c’est ce qui est magique dans ce pays. Le PARADOXE. Et on se prend la claque quand on prend le train qui quitte Varanasie pour Calcutta et que l’on comprend que même les Indiens les plus « éduqués » viennent dans cette ville qui semble avoir perdu la raison, comme un passage obligé de la vie de chacun. La deuxième claque survient quand on se rend compte que l’on sait fait piqué des affaires dans ce même train, mais ça, c’est une autre histoire…

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Holi

Pour ceux qui ne connaissent pas, Holi festival est un événement hyper important dans la vie des indiens, et surtout dans le Nord. Bon, on vous en parle en juin alors que ça a eu lieu en mars, mais comme dit ce proverbe indien « Tout Européen qui vient en Inde gagne de la patience s’il n’en a pas ; et il la perd, s’il en a. »
Donc Holi, si vous ne connaissez pas, vous avez peut-être vu cette pub pour l’appareil photo Nikon à la TV. Elle montre très bien le côté couleur de Holi avec toute une foule de gens qui jettent des pigments.
Nous avons décidé de le fêter à Pushkar, une petite ville indienne du Rajasthan, qui est connue pour son festival du chameau et ses concours de moustaches en septembre et pour Holi en février ou mars, selon la lune. On a tenté de comprendre ce que les indiens célébraient vraiment pour Holi. Nous n’avons pas vraiment eu de succès dans cette quête mais ce qui est sûr,  c’est qu’ils sont tous heureux de le fêter.
Pour vous illuminer un peu, Holi est un peu le sacre du printemps et de la fertilité. Le premier jour, des feux sont allumés dans les rues en souvenir de la crémation d’une démone. Le lendemain, les gens se jettent des pigments de couleur, tout en s’excusant ou en scandant « Happy Holi ». C’est aussi l’occasion pour toutes les castes de se mêler. Chaque couleur a une signification et en toutes circonstances, la bonne humeur et la musique transe sont de mise.
Alors on dit « Happy Holi ! »

https://youtu.be/RrH1hqlWEgI

Vidéo Holi

 

 

Perchés dans le désert – Jaiselmer – Rajasthan

Jaiselmer restera une ville forte pour nous. Tellement forte que nous y sommes restés perchés une semaine. Perchés parce que notre guest house se situait à l’intérieur du fort, sur les hauteurs. Nous y avons partagé de grandes rigolades avec Shiva et Raghuu son cousin, les tenanciers de cette petite maison, avec Ceyda, une backpackeuse turque (elles sont rares, mais il y en a) qui était bloquée ici à cause d’une vache qui lui avait marché sur le pied (sombre histoire de vache). Et puis de toute façon, on a vite fait de rester scotcher là-bas tellement la ville est pleine de surprises. Des virées à moto nous ont permis de traverser une partie du désert du Rajasthan avec du sable en veux-tu en voilà, de rencontrer une adorable famille qui possède un homestay au milieu de nulle part, de découvrir la poterie, le travail du cuir et la bonne cuisine.

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Rajasthan – Octopussy et maître de Bijoux

Le Rajasthan était pour nous une étape obligatoire en Inde. D’abord parce que nous voulions aller dans le Nord, et puis, pour découvrir le désert du Rajasthan, ses palais et ressentir cette ambiance des maharajas d’autrefois. La virée a été à la hauteur de nos attentes.

Udaipur a été un premier stop assez rapide. Après une nuit de bus couchettes, où l’on peut vraiment dormir puisque c’est presque un petit lit deux places, nous voulions pousser plus loin jusqu’à Pushkar pour la fête de Holi (article à venir). Mais la halte à Udaipur valait le détour. Nous avons découvert son immense site avec palais, son lac et ses hôtels flottants hors budget, ses ruelles pleines de charme. Ruelles connues des fans de James Bond, puisque l’épisode Octopussy a été tourné dans les rues de Udaipur (une histoire d’œuf). Des lustres plus tard, les gens se souviennent et un papy n’a pas manqué de nous montrer un album photo avec les têtes de Roger Moore et Omar Sharif à côté de la sienne.

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Jaipur, la ville rose a demandé un peu de temps d’adaptation. On l’appelle la ville rose et effectivement, la plupart des bâtisses, palais, temples, sont roses. D’ailleurs, quand les indiens entendent ou reconnaissent des français dans la rue (oui, nous sommes très facilement identifiables) ils ne manquent pas de nous interpeller et de comparer Jaipur à Toulouse, notre ville rose. Ils sont très fiers de cette comparaison. Jaipur est aussi la ville des bijoux. Pour ceux qui lisent le blog, vous savez déjà que c’est ici que nous avons rencontré le maître le bijoux, le plus « roublard » des bijoutiers. Le mot est ringard, mais le mec était ringard. Le premier jour où nous avons visité cette ville, nous n’avions pas trop accroché. Limite, j’ai envie de dire que je ne m’y sentais pas très bien. En même temps, ça fait souvent cela quand on découvre une ville de nuit. L’effet « Paris by night » n’est pas toujours au rendez-vous. Mais après plusieurs jours, Jaipur a montré sa face cachée et nous étions sous le charme. Le clou a été la virée en Royale Einfield pour nous rendre au fort Amber, l’un des plus beaux palais du coin. Et puis, il faut bien avouer, ça fait plaisir de frimer en Royale. C’est d’ailleurs à Jaipur que nous avons rencontré ce loueur spécialisé dans cette moto, business de père en fils depuis les années 70. Le gars organise même des ventes export vers l’Europe pour les amoureux de cette moto, car avouons-le, elle en jette !

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