On l’appellera la loop…

Après avoir chillé, comme on dit, c’est à dire profité, se détendre, on avait besoin d’un peu plus d’aventure au Cambodge, que nous n’avions d’ailleurs pas encore trouvée jusqu’ici. C’est donc ainsi que nous avons décidé de nous rendre à moto vers le parc national de Botum Sakor, à la découverte de petits villages cachés. On embarque au passage nos compagnons de jungle, Julie et Victor, et nous voilà partis sur des routes presque inconnues. Effectivement, cette boucle à moto n’est pas vraiment décrite dans les blogs ou autres. Avec quelques recherches, nous avons quand même trouvé quelques infos qui annonçaient un truc pas mal. Nous allons donc écrire un peu différemment, afin de passer le témoin à ceux qui sont à la recherche d’un petit bijou. Ceux qui ne comptent pas s’y rendre peuvent tout à fait passer cette lecture et reprendre plus bas.

Carte loop Asialavista

Carte loop Asialavista

Le départ se fait de Khokong, cap vers le sud en direction de Kep, Phnom Penh. Jusqu’ici, la route est tout à fait correcte. Après 1h30, 2 heures de route, vous pouvez faire une pause dej dans l’un des petits restos du village de Adoung Tuek. Nous sommes allés chez une mamie adorable qui avait deux chiens, juste en face d’un mini marché local, après le pont en venant de Khokong.

Photo des chiens 😉

Après une excellente soupe de noodles, nous voilà repartis. Il nous faut refaire quelques kilomètres en arrière (mais il n’y a pas grand chose pour manger sur la route avant ce pont, et encore moins après).

Là, une grande intersection vous présente une route de terre. Sur la gauche de là où nous venions. Sur la droite en venant de Khokong. De là, vous roulez un petit 10 minutes et au double pont, vous tournez à gauche. Le chemin se corse légèrement, mais c’est tout à fait praticable. Et là, vous pouvez profiter de la balade, jusqu’à ce que vous tombiez sur une banque, oui, une banque au bout d’un chemin en terre. Là, prenez à gauche et vous pénétrez dans le petit village de Thma Sor ou Thma Sa.

Vous pouvez reprendre la lecture

Une fois arrivés dans ce petit village de pêcheurs, il n’y a plus qu’à profiter. Un seul petit resto local, mais quelques mamies qui font des gaufres devant leur mini shop. Aussi, il n’existe qu’une seule guest house assez sommaire, mais la pièce principale, à l’arrière, a un charme de fou quand le soleil envoie ses plus belles couleurs.
Une ballade dans le marché puis, sur cette ville flottante. En effet, une grosse partie du village est construite sur pilotis sur une centaine de mètres. Les gens vaquent à leur occupation, faisant quelques signes de bienvenue discrets et surtout, hyper souriants. Les crevettes sèchent sur des toiles devant les maisons, les pêcheurs manœuvrent leurs embarcations. Bref, la sérénité, la beauté, la gentillesse et l’authenticité. Tout y est.

Le lendemain, une dernière balade dans le village et on repart, direction l’est. Il n’est pas évident d’expliquer comment y aller. Le mieux reste de demander aux gens du village et tout le long de la route.

Vous pouvez relâcher la lecture et reprendre ensuite

Il suffit de ressortir du village et d’aller à gauche à la banque. La route se transforme un peu en chemin, puis en sentier, puis en route pour 4×4, impossible à grimper avec nos motos. On rebrousse donc chemin (après avoir tenté le coup quand même ; on recherche de l’aventure ou pas). Puis, on reprend le sentier qui nous semblait être la mauvaise route. Ce fut le cas. Mais la vue sur la mer était magnifique. Et, c’est là que l’on rencontre toujours celui qui va dénouer tout ça. Un papy sur sa mob (oui, au Cambodge, nous avons rencontré beaucoup de papy et mamie et ils étaient adorables) nous remet sur la bonne piste qui nous fait traverser de jolis sites. Pas fous, mais jolis. Puis, on récupère la route principale que l’on suit jusqu’au bout. Un moment, on retrouve de la route goudronnée. Si vous arrivez à une sorte de barrage et de 2×2 voies, vous êtes trop loin. Il faut rester sur la grande route, puis prendre à droite pour arriver au port. Du moins, ce qui ressemble à un petit port de village. Vous pouvez y laisser votre moto sans problème moyennant quelques dollars par jour. C’est un local rencontré sur la route qui nous a guidé jusqu’à son bateau.

Reprise de la lecture

Nous laissons donc les motos à un jeune qui tient le petit shop et nous montons dans la barque avec notre Cambodgien, rencontré sur la route et direction l’île de Koh Sdach.

Arrivés là, une jeune femme, qui semble travailler au port, nous propose un endroit où dormir qui semble un peu cher. On se dit : nous trouverons mieux… que dire… ce fut l’échec car il n’y a pas le choix à Koh Sdach. On trouve une sorte de resort bungalows en béton bleu et le proprio au téléphone ne semble pas vouloir discuter le prix, alors qu’il n’y a pas âme qui vive. On vous passe les détails : nous sommes retournés voir notre petite dame, qui nous a logés dans des bungalows à peine plus loin, mignons comme tout et sur pilotis avec ça. Résultat : on est restés deux nuits. A côté de là, le restaurant « Chez Yvonne », tenu par un français :-D, ancien chef de surcroît, propose une cuisine d’enfer, à des prix excellents. Didier transmet son savoir-faire à de jeunes Cambodgiens qui semblent adorer ce qu’ils font, et vous présentent les assiettes comme de petits bijoux. Il nous amène non loin de là (l’île fait 1,8 Km2), sur le plus beau spot de snorkeling du Cambodge, paraît-il. Nous, on dirait plutôt, le plus beau site de snorkeling d’Asie du sud est. Les coraux et les poissons ont des couleurs sublimes et ici, pas de coraux morts.

Pour la petite histoire, cette île « appartient » à un Cambodgien, marié à une Thaïlandaise.

La légende raconte qu’il y fait un peu sa loi et que l’île vit au rythme de la contrebande faite entre les deux pays. En tout cas, nous nous y sommes promenés, nous étions les seuls, nous avons été accueillis, aidés et servis avec grand plaisir par les gens qui vivent ici. Ce fut la surprise du Cambodge.

Malheureusement, cette surprise sera peut-être de courte durée. Comme tous les sites magnifiques, les administrations et gouvernements s’en saisissent. Un projet de développement est en cours afin de concurrencer la Thaïlande et son Phuket ou encore l’Indonésie et son Bali. Rien que ça… Du coup, sur la route pour se rendre à Koh Sdach, on constate que des forêts primaires entières ont été rasées pour y construire golf, grands hôtels et piscines. Tout ceci pourrait donner du travail aux gens du coin me direz-vous, mais c’est sans compter sur les petites mains moins chères, provenant des pays voisins. Bref, un projet de grande envergure, qui, on l’espère, aura au moins le mérite de se terminer, sinon cela aura été un beau gâchis.

Pour tous les backpackers, expats au Cambodge ou touristes qui ont du temps, rdv à Koh Sdach avant 2025 ! Et saluez Didier pour nous !!

C’est donc très humblement que nous avions envie d’appeler cette boucle : la loop Asialavista.

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Indawgyi

La Birmanie, cela ne dirait pas comme ça, mais c’est un très grand pays. Que vous souhaitiez vous rendre dans la ville de Mandalay, Bagan, Ngapali, Hpa-an, ou autre, c’est très simple : comptez 7 heures de voyage en bus en moyenne. L’option bus de nuit est très bien, même si cela signifie la plupart du temps que le départ a lieu à 19h. On peut alors tabler sur une arrivée vers 3-4h du mat. En général, on vous expédie hors du bus et on vous fait comprendre qu’il ne faut pas trop traîner. C’est à ce moment précis que les gens oublient des objets dans le bus : casquette, boîtier de lunettes, ukulélé, Kindl… D’après notre expérience partagée avec un italien, si vous oubliez quelque chose dans le bus (au Myanmar), il ne faut pas désespérer. Dans ce cas précis, c’était sa liseuse Kindl. Il a tenté le coup et, après plusieurs trajets dans des bus à travers le pays, la liseuse est revenue à lui. C’est comme ça ici. Vous pouvez certainement avoir un degré de confiance élevé dans les birmans, on vous le dit.

La plupart des trajets font donc 7h. Mais s’il vous prend l’idée de voir le plus grand lac du pays et de faire partie des quelques 200 touristes qui s’y rendent chaque année, il faut alors compter 20h de train depuis Mandalay, puis 3-4h de truck 4×4. Et là, vous avez alors le privilège de venir dans un endroit où, tout d’abord, tous les birmans ne peuvent malheureusement pas aller (du fait de conflits entre l’armée de l’indépendance kachin et l’armée régulière depuis des décennies // affaire complexe), et vous pénétrer un lieu hors des circuits touristiques ordinaires. Pourtant, une fois là bas, pas grand chose à faire : du kayak sur le lac, une promenade à vélo sur des routes en construction (ça c’est folklorique), promenade dans les villages à la rencontre des locaux qui suivent le cours normal de leur vie sans se soucier de vous, tout en étant super chaleureux et souriants. Tout ce que l’on aime. Après la folie des rues yangoonaises, la chaleur étouffante et le monde qui fourmille de partout, c’est un vrai bonheur. C’est ici que nous avons passé le nouvel an. Ce lieu est, il faut le savoir, habité par quelques chrétiens. De nombreuses églises et croix bordent les chemins. Nous avons assisté à un spectacle de réveillon sur le parvis d’une église. Chants, spectacles de danses locales (pas très jolis jolis il faut le dire, mais ça avait son charme) et dégustation de galettes de riz gluant, préparées pendant ce même temps derrière la scène. Un grand feu et tout le monde se réunit et danse au passage de la nouvelle année. 10 minutes plus tard, un prêtre ou tout comme, intervient et le calme revient dans l’assistance. C’est là que nous décidons de rentrer avec nos acolytes américains (vive le Maine!) et allemands.

Le lac Indawgyi laisse poser quelques questions : aujourd’hui, le lac est exploité par les habitants qui y puisent leur eau quotidienne. Bien sûr, tout est filtré et bouilli (ils sont fragiles comme nous). Ce site magnifique a été abordé par l’UNESCO mais, tant que les ethnies ne cesseront pas de s’affronter, l’organisation ne posera pas sa certification. En même temps, si elle le faisait : aujourd’hui, le responsable du site souhaite pour le lac son développement et une ouverture plus évidente aux touristes. Mais tel qu’il l’exprime, il souhaite l’ouverture de petites guest houses et non de grands hôtels. Il souhaiterait que les investisseurs soient internes et non extérieurs au pays, pour préserver les lieux et réinvestir chez les locaux et leur artisanat. Sur le papier, c’est remarquable. Mais dans les faits ? A Yangon, il y a quelques années, le peu d’expatriés (français pour ceux que nous avons rencontrés) disaient à leurs amis de venir dans ce pays, que c’était magnifique et qu’il y avait des tas de choses à y faire. Personne n’est venu par peur de ce pays considéré comme « risqué ». 20 à 30 ans plus tard, de gros investisseurs sont arrivés, construisant des immeubles tels des montagnes dans la ville, des hôtels plus luxueux les uns que les autres et, les uns à côté des autres. Le marché de l’automobile s’est ouvert à l’international, faisant entrer des milliers de véhicules dans le pays, pour des infrastructures routières non modifiées. Résultat : à toute heure, on se croirait à Paris aux heures de pointe. 2h en moyenne pour parcourir 10km. Joli ! Alors effectivement, nous parlons de Yangon, l’ancienne capitale du pays. Mais si l’ouverture de ce pays magnifique faisait céder les moindres territoires à cette débandade d’hôtels 4 étoiles sans charme, à l’arrivée d’un tourisme de masse qui vient gâter le côté si spontané des locaux car après tout, ils ont bien le droit de tirer partie de ce développement, mais l’argent change les rapports entre les gens. Personne ne peut dire le contraire. Alors où est l’équilibre entre ces lieux « dévastés » par les grues, pendant encore quelques années, le temps de tout reconstruire, et ces autres lieux encore sauvages, qui font le plaisir des touristes égoïstes qui veulent partager cela en comité restreint, et qui souhaiteraient conserver ce côté « authentique », qui ancre les habitants dans une époque révolue chez nous ?

C’est toute la question que pose le tourisme équitable et on souhaite bien du courage à ceux qui bûchent dessus. Pour avoir vécu des expériences dans les 2 types d’endroits, nous ne savons que penser.

En attendant, on profite des lieux en photos et c’est tout.

Bonne journée à tous !

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